Footixette et le sport

L’avantage d’être intelligent, c’est qu’on peut toujours faire l’imbécile, alors que l’inverse est impossible.

Clubs de football avec des noms de personnages historiques

Classé dans : sport — 11 juillet, 2009 @ 17:32

Les clubs de football utilisent une série de symboles qui font que l’analyse de ces symboles permet de comprendre la situation socio politique des pays où ces clubs résident.

Mis à part ceci, beaucoup de symboles, qui font partie de la « culture des clubs », font référence à l’histoire du pays. Une grande partie des clubs grecs s’identifient avec des héros mythologiques, tout comme des vikings sont représentés dans des blasons du football scandinave et aussi il existe de nombreux clubs qui doivent leur nom à des personnages historiques. 

La question est,  pourquoi les fondateurs d’un club le baptisent-il avec le nom d’un personnage qui a réellement existé ? Je crois que la raison est que derrière ce mouvement, l’intention des fondateurs est que  le club incarne d’une certaine manière les valeurs qu’a défendues en vie le personnage historique. De cette manière, depuis sa naissance et à travers le nom, le club a déjà une forte charge identitaire, liée aux valeurs de celui dont il prend le nom. Cette identité se maintient généralement avec le temps, dans la mesure où il est difficile d’assigner des symboles d’autres idéologies à des clubs dont le nom officiel représente des valeurs données.

Il existe plusieurs exemples de clubs qui depuis leur fondation doivent leur nom à des personnages historiques. En Bulgarie nous avons deux cas significatifs, celui du Botev Plovdiv, qui doit son nom au poète romantique et au héros national bulgare Hristo Botev, et celui du Levski de Sofia, dont le nom est pris du nom de famille de l’anti turc révolutionnaire Vasil Levski. Les deux clubs sont identifiés fortement depuis leur naissance avec le nationalisme bulgare, et avec la droite politique.

Dans la ville de Plovdiv, en Bulgarie, il existe deux équipes de football avec des mentalités contraire. D’une part, le Lokomotiv Plovdiv, fondé en 1936 par des travailleurs du secteur du chemin de fer. D’autre part le Botev Plovdiv, fondé en 1912 au sein du Collège Catholique de Plovdiv, et qui doit son nom au héros national bulgare Hristo Botev, poète romantique qui est mort au combat face aux troupes turques le 2 juin 1876, et qui donne son nom aussi au stade du Botev Plovdiv. Dans ses confrontations le Botev Plovdiv représenterait le nationalisme bulgare de droite (beaucoup des supporters sont d’extrême droite), tandis que le Lokomotiv Plovdiv est l’équipe de la gauche et de l’extrême gauche de Plovdiv. Les matchs entre les deux clubs sont généralement plus que violents, et incarnent la division du pays après l’époque communiste, entre ceux qui veulent faire revivre le passé communiste et les nationalistes bulgares de droites. Cette même confrontation se retrouve, avec une plus petite intensité dans le duel entre le Levski de Sofia, qui doit son nom à l’idéologue anti turque Vasil Levski (1837-1873) et le CSKA de Sofia, qui maintient le nom et le blason de l’époque communiste.

En Irlande, nous avons le cas du St. Patricks Athletic, équipe de tradition catholique fondée en 1929, huit ans après l’indépendance de l’Irlande, dans le faubourg d’Inchicore, Dublin. Le nom de l’équipe fait référence au patron de l’Irlande, San Patricio, la devise de l’équipe, repris dans le blason de ce dernier, en gaélique, « il n’y a pas de force sans unité », et exprime ainsi le fort sentiment de Communauté des irlandais.

Un autre exemple intéressant est celui du clubClubs de football avec des noms de personnages historiques  dans sport 329px-FK_Obilic.svg, de Belgrade, fondé en 1924 avec le nom du guerrier médiéval légendaire Milos Obilic, celui qui selon la tradition serbe a pris part en 1389 à 
la Bataille du Kosovo en défendant le christianisme face aux troupes ottomanes, et a assassiné l’Oman ottoman Murad I, en s’approchant de lui avec la fausse excuse de vouloir déserter. Milos Obilic, tout comme
la Bataille de Kosovo, sont des icones très récurrents dans le nationaliste serbe. Le stade du FK Obilic porte le nom du héros serbe, qui apparaît aussi dans le blason du club.

Un autre club dont le nom s’inspire d’un héros légendaire propre du nationalisme local est l’Arminia Bielefeld allemand, fondé en 1905, et qui doit le nom au guerrier Arminius ou Hermann, qui a dirigé les germains dans la victoire face aux légions Romaines pendant la bataille de la forêt de Teutoburgo (9 AC.). Arminius est un héros très acclamé par le nationalisme allemand du XIXª.

Aussi en Allemagne, nous nous trouvons avec un club que doit son nom à un nationaliste, le créateur des associations de gymnastiques Friedrich Ludwig Jahn (1778-1852). Le club en question est le SSV Jahn Regensburg, fondé en 1907.

Un autre cas curieux est celui du Gil Vicente portugais, fondé en 1924 dans la ville de Barcelos, et qui doit son nom au Shakespeare portugais, le grand dramaturge Gil Vicente (1465-1536 ?)

Les héros de l’Union Soviétique ont été aussi repris dans des noms d’équipes de football. Le club russe de divisions inférieures FC Chkalovets Novosibirsk, par exemple, doit son nom au pilote soviétique Valery Chkalov (bien qu’il vienne de changer son nom pour celui celui de FK Sibir Novosibirsk, en faisant référence à son siège géographique en Sibérie). Un autre cas d’un club qui doit son nom à un héros soviétique est celui du Shakthar Donetsk, par exemple, qui a été fondé en 1936 avec le nom de Stakhanovets, en honneur au travailleur russe Alexei Stakhanov, de la région de Donbass, où se trouve Donetsk. Le Stakhanovets a changé son nom en 1946 par celui de Shakhtyor Stalino, et postérieurement par Shakthar Donetsk.

Dans les cas montrés, nous voyons que la majorité  d’eux (Hristo Botev, Vasil Levski, Milos Obilic, Arminius, etcetera), sont des personnages historiques liés à des mouvements de libération ou des nationalistes. Dans le cas de San Patrick, il s’agit du patron de
la République d’Irlande. Les cas du pilote Valery Chkalov et d’Alexei Stakhanov, vont dans la même direction. Bien que ne soit des représentants d’aucun nationalisme, en effet il s’agit de deux héros nationaux, icones du collectif  de l’Union Soviétique.

Comme anecdote, nous commenterons qu’il y a des équipes qui ont cherché à associer les valeurs de leurs clubs avec des figures mythiques du cinéma. Des exemples sont le Club Sportivo Ben Hur, en Argentine ou l’Orlando Pirates, d’Afrique du Sud, fondé en 1937 et qui doit son nom au film joué par Errol Flint « Captain Blood » (1935).

Si avant je faisais des références à des personnages historiques. Nous comprenions que ceci était du au fait que les fondateurs de ces clubs voulaient que leurs équipes incarnent des valeurs qui, d’une certaine manière, avaient inspiré en leur temps ces personnages.

seulement incarnées par des personnages qui ont réellement existé. Ainsi, une manière curieuse qu’on certains clubs d’essayer d’articuler l’identité de ces derniers est de mettre en rapport la fondation du club avec un héros de la mythologie ou avec des mythiques ancêtres d’histoire glorieuse. Cela était habituel dans
la Grèce antique, où les dirigeants des polis (villes grecques) cherchaient à mettre en rapport leurs villes avec des héros mythologiques ou avec des faits de la mythologie qui étaient arrivés là.

De manière très semblable, quelques clubs ont essayé dans leur fondation de s’apparenter avec le passé mythique de la ville ou la zone où ils ont été fondés ou, y compris certains, avec des héros étrangers à leur culture mais qui incarnaient des vertus qu’ils voulaient pour leur club.

Les exemples abondent surtout dans le football grec, où il est habituel que les clubs portent des noms de dieux ou de héros de la mythologie. Des exemples sont la présence dans des noms de clubs grecs de dieux comme Apollo, du soleil, la lumière, la musique,  et la poésie (Apollon Kalamaria ou, à Chypre, l’Apollon Limassol) ou Ares, dieu de la guerre (Aris de Salonica). Le cas de l’Aris de Salonica est significatif pour plusieurs motifs. Le premier est que dans le blason du club on peut voir l’image du dieu au repos, dans l’attente d’agir, avec les mains sur son genou gauche, son bouclier de guerre reposant à son côté, et sans le classique casque de guerre avec lequel habituellement on le représente. Le deuxième des motifs est que le nom, non seulement fait référence au passé historique, mais les fondateurs du club voulaient rendre une référence historique réelle, et ont donné au  club le nom du Dieu en références aux Guerres Balkaniques récentes (1912-1913 et 1913), dans lesquelles  
la Grèce a été impliquée. Un troisième motif, immensément curieux, est celui qui fait référence à sa rivalité avec un autre des clubs de la ville l’Iraklis de Salonica, qui prend son nom du demi-dieu Héraclès ou Hercules. Le cas est que selon les légendes  mythologiques, Hercules a tué Cicno, fils de Ares. Postérieurement, Ares et Hercules se livrent  une lutte terrible, qui  termine avec le dieu gravement blessé à la jambe. En outre, comme nous avons vu, les fondateurs de l’Aris de Salonica ont pris le nom du dieu de la guerre comme mémoire des Guerres Balkaniques, pour faire face aux États de l’Alliance Balkanique (
la Bulgarie,
la Serbie,
la Grèce et le Monténégro) et
la Turquie, tandis que dans sa fondation, en 1908, l’Iraklis de Salonica portait le nom de Club hellénique Ottoman de Thessalonique. Comme nous voyons, la rivalité entre les deux clubs est présente sur plusieurs fronts.

Dans des équipes autres que
la Grèce ce phénomène décrit est aussi présent. En Hollande, nous avons le cas de l’Ajax d’Amsterdam, fondé en 1900, qui doit son nom au héros mythologique Ajax, cousin d’Aquiles, qui a combattu dans la mythique Guerre de Troy. Aussi en Hollande. Il y a  Heracles (Heracles Almelo), Fortuna de Sittard, qui reproduit dans son blason la déesse romaine de
la Fortune, avec la roue de la chance et la corne de l’abondance.

Significatifs sont les cas des clubs sont qui dans leur nom font référence au plus guerriers des peuples de l’ancienne Grèce, les spartiates. Le Sparta de Rotterdam néerlandais, le club Spartans d’Ecosse ou le Sparta de Prague tchèque. Le cas de ces clubs est intéressant, parce qu’au moyen du nom ils cherchent à s’associer symboliquement avec un peuple qui était connu pour son attitude dans la bataille, et de cette manière il essaye d’inculquer depuis leur fondation à leur joueur  une certaine attitude  sur le terrain l’« attitude spartiate ». Rappelons que l’une des plus grandes gloires spartiates était celle de mourir sur le champ de bataille, et il n’y avait pas de  plus grande honte que celle de survivre après une bataille perdue, un stigmate qui poursuivait toujours le guerrier qui survivait.

En Italie nous nous trouvons avec le cas de l’Atalanta de Bergamo, fondé en 1907, qui prend son nom de l’athlète de la mythologie grecque Atalanta, élevé par une ourse  après avoir été abandonnée par ses parents. Dans son blason, l’Atalanta de Bergamo reproduit le profil de la valeureuse Atalanta.

En Espagne, finalement, nous avons le cas du Hercules d’Alicante, fondé en 1922, et dont son fondateur, Vicente Berger Alfosea, a donné ce nom parce qu’il voulait que son équipe soit invincible, comme le héros mythique.  Le club espagnol est lié avec son homonyme grec jusqu’au point qu’il existe un club appelé Club Herculana Iraklis, et dont les partisans du club grec portent  habituellement des écharpes du Hercules d’Alicante.

À mi- chemin entre la légende et la réalité des guerriers romantiques qui selon la tradition balkanique combattaient dans les Balkans contre les envahisseurs ottomans aux siècles XVII, XVIII et XIX figure  hajduk. Le nom de hajduk, dérive apparemment du mot « haidud » ou « haydut », qui était la manière selon  laquelle les Turcs connaissaient les  troupes d’infanterie hongroises. Deux sont les équipes qui doivent leur nom à ces lutteurs romantiques, le Serbe Hajduk Kula et le Croate Hajduk Split, fondé en 1911.

Finalement, autre exemple d’équipe qui cherche un rapport symbolique avec un passé glorieux, qui à son tour devrait se traduire dans une attitude sur le terrain de jeu : c’est le cas des équipes scandinaves qui font référence aux Vikings. Bien que le passé auquel se réfèrent ces clubs soit réel, il n’en est pas moins certain que l’image des vikings appartient presqu’à l’univers des légendes, des contes et histoires mythiques, vu leur caractère guerrier et conquérant.

Dans le football de
la Suède, de 
la Norvège, du Danemark ou de
la Finlande il y a de nombreuses équipes qui prennent leur nom de l’histoire des vikings ou incluent dans leur blason des références visuelles. Des exemples, seraient le Lyngby BK danois et l’IK Frej suédois, dont les blasons  reproduisent des guerriers vikings avec leurs classiques casques à cornes et, le Viking FK norvégien, dont le nom est une référence directe à ce passé glorieux qui appartient tant à l’histoire comme à la légende

Un commentaire »

  1. Aouadi boubakeur dit :

    salut tout le monde,je vois que l’histoir de jahn regensburg est trés intérésente vue que j’ai vécu a regensburg (ratisbona) et j’ador ce club je vous souhaite tout le réussi et une accetion a 2em bundesliga.

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